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Hôtellerie |
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François Mariette, fondateur et PDG d'Odalys Vacances |
» En moins de dix ans, François Mariette a imposé Odalys sur le marché des
résidences de tourisme avec 138 sites en France, en Italie et en Espagne. Aujourd'hui,
il multiplie les services, compte sur les low cost pour se développer dans le
bassin méditerranéen et réfléchit à de nouvelles formes d'hébergement.
Qu'est-ce qui, selon vous, explique le succès rencontré par les résidences
de tourisme ?
Contrairement à ce que certains continuent de croire, nous ne sommes pas
des saltimbanques. Le concept de résidence de tourisme a beaucoup évolué. Le temps
de la location d'un simple appartement est révolu. Aujourd'hui, on propose à nos
clients de nombreux services sur lesquels nous nous engageons (réception, petits
déjeuners, ménage, excursions). Quand on part en vacances à deux, l'hôtel reste
incontestablement la meilleure formule. Mais dès que l'on part avec des amis ou
en famille, la résidence est plus à même de répondre à nos besoins. C'est pourquoi,
il nous faut sortir d'une approche purement immobilière et commencer à réfléchir
à des résidences, non pas où l'on dort, mais où l'on vit.
L'engouement des clients pour les résidences clubs semble illustrer cette évolution...
Absolument. Les résidences incluant dans leurs tarifs des clubs enfants
ou ados et des animations rencontrent un vif succès. À tel point que nous allons
transformer progressivement de nombreuses résidences classiques en résidences
clubs. Ainsi, à Valmeinier, nous avions trois résidences qui marchaient bien l'hiver,
mais pas l'été. Afin de renverser cette tendance, avec l'aide de l'Office de tourisme,
nous avons mis en place un ensemble de prestations loisirs profitant des infrastructures
de la station. Même chose à La Norma et à Saint-François Longchamps. Dans deux
ans, la moitié de notre parc situé en montagne aura été transformé en résidence
club (contre trois actuellement). A la mer, où nous disposons actuellement de
7 résidences clubs, nous allons adopter la même stratégie même si le concept est
encore à peaufiner.
Pouvez-vous nous en dire plus ?
Il va nous falloir prendre en compte par exemple le "papy-boom". Les 8
millions de retraités qui arrivent constituent un enjeu de taille pour les résidences
de tourisme. Les grands-parents sont de plus en plus nombreux à voyager seuls
avec leurs petits-enfants, ce qui va nous conduire par exemple à ouvrir désormais
les clubs enfants en dehors des périodes scolaires. Mais également à développer
des résidences pour les familles souhaitant rester deux ou trois mois au soleil
d'hiver...
Quel bilan dressez-vous de la saison d'été ?
Les mois de juillet et d'août ont été bons avec une hausse de 18 % de
notre chiffre d'affaires par rapport à la même période de 2005 à périmètre constant.
La clientèle a répondu présent grâce en particulier au retour des étrangers. Le
nombre de Belges, d'Allemands et de Hollandais a respectivement progressé de 18
%, 14 % et 11 %, notamment sur la côte ouest, tout particulièrement dans le Finistère
et le Pays Basque. Nos villages situés sur la côte méditerranéenne ont également
enregistré une belle saison, même si on observe une légère désaffection de la
clientèle française sur la Côte d'Azur, conséquence d'une image négative (trop
de monde, prix élevés, canicule...) véhiculée par les médias depuis quelques années.
Résultat : alors que le pourcentage de la clientèle européenne sur l'ensemble
de nos sites est de 40 %, il est de 60 % sur la Côte d'Azur.
Envisagez-vous de vous développer davantage hors de l'Hexagone ?
Jusqu'à présent, nous avions privilégié une stratégie de développement
permettant à nos clients de se rendre sur nos sites en voiture, y compris en Corse
ou en Espagne. Aujourd'hui, ce modèle économique est en train d'évoluer avec l'arrivée
des low cost. Le jour où voyager à quatre avec une compagnie à bas prix ne coûtera
pas plus cher qu'en voiture, on pourra réfléchir à se développer dans le bassin
méditerranéen. Si nous devions, par exemple, ouvrir à Marrakech, nous pourrions
alors nous tourner vers des voyagistes spécialistes de la destination. Car affréter
un avion n'est pas notre métier.
Êtes-vous satisfait du partenariat noué avec Tourcom en décembre
dernier ?
Cela fait maintenant 8 mois que nos produits sont revendus par Tourcom
et les premiers résultats sont encourageants. Cela nous a aidés en particulier
à mieux faire connaître la marque Odalys. Maintenant, il nous faut stimuler les
agences de voyages de ce réseau afin qu'elles proposent davantage nos produits.
Pour cela, nous dévoilerons à Top Résa une importante opération incentive destinée
à pousser les ventes et à faire comprendre que la France peut se vendre en agences.
Quelle est votre stratégie de développement en France ?
Créé en 1998, le groupe compte aujourd'hui 104 résidences de vacances, hôtels
et parcs de loisirs répartis en France et en Corse, pour un total de plus de 60
000 lits. Cette année, nous aurons inauguré 13 nouvelles résidences à Gréoux-les-Bains,
Prayssac, La Flotte en Ré, Argelès, Saint-Malo, Sarlat, Trestel, Port-Grimaud,
Oléron, Saint-Lary, Six-Fours les Plages, Montignac et Vallon Pont d'Arc. Soit,
au total, 7 500 lits supplémentaires. Nous réfléchissons également à de nouvelles
formes d'hébergement. Ainsi, en avril 2008, sera inauguré à Erdeven, près de Carnac,
le premier Castelys, un château entièrement rénové et transformé en résidence
de tourisme. Nous expérimentons également la location de chalets et de villas
haut de gamme que nous gérerons pour le compte de propriétaires privés. L'idée
est de proposer, à terme, toute la gamme des hébergements touristiques, de l'appartement
à la villa et du mobil-home au château.
Bio express
1951 : naissance à L'Hôpital (57).
1975-1978 : chargé de mission chez Satec (Société d'aide technique et de coopération)
pour la mise en place de projets hôteliers aux Antilles françaises, au Mali, Sénégal
et en Côte d'Ivoire.
1979-1985 : Directeur commercial de l'Occaj, association de tourisme comptant
27 villages de vacances en France.
1986-1988 : Conseiller pour les affaires de tourisme et de loisirs du président
de la GMF.
1988-1999 : Directeur commercial puis directeur général de Maeva (75 000 lits).
Depuis le 1er juillet 1999 : Fondateur et PDG de la société Odalys Vacances. 181
résidences de vacances, hôtels et parcs résidentiels de loisirs répartis sur 138
sites en France, en Corse, Italie et Espagne. En 2005, Odalys a accueilli plus
de 1 million de vacanciers pour un chiffre d'affaires de 92 millions d'euros en
2005 pour un bénéfice de 5,6 millions d'euros. |
Raphaël Sallerin |
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